L'impact du CSRD sur l'industrie de la mode : Favoriser la durabilité et la transparence

L'impact du CSRD sur l'industrie de la mode : Favoriser la durabilité et la transparence

by  
AnhNguyen  
- 6 août 2024

Ces dernières années, le développement durable est devenu une préoccupation majeure dans de nombreux secteurs, l'industrie de la mode étant à l'avant-garde de cette transformation. Les consommateurs étant de plus en plus soucieux de l'environnement, la demande de pratiques durables dans l'industrie de la mode a explosé. Selon une étude de l Rapport 2022 de McKinseyEn effet, 67% des consommateurs considèrent l'utilisation de matériaux durables comme un facteur d'achat important. Cette évolution a contraint les entreprises à adopter des cadres environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour rester compétitives et pertinentes. 

On ne saurait trop insister sur l'importance croissante des cadres réglementaires dans la promotion de la durabilité. Les Directive de l'UE relative aux rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD) est un excellent exemple de la manière dont la législation pousse les industries à plus de transparence et de responsabilité. Une étude réalisée par le Global Fashion Agenda a révélé que l'industrie de la mode n'est pas en mesure d'atteindre les objectifs mondiaux en matière de développement durable, ce qui souligne le besoin urgent de mesures réglementaires solides. Le CSRD vise à combler cette lacune en exigeant des entreprises qu'elles fournissent des rapports détaillés sur leurs impacts environnementaux et sociaux, promouvant ainsi un avenir plus durable. 

Cet article se penche sur l'état actuel du développement durable dans l'industrie de la mode et examine l'impact significatif de la CSRD sur ce secteur, en explorant les défis du développement durable, les exigences de la CSRD et leur influence sur l'industrie. Enfin, nous examinerons les mesures pratiques que les entreprises de mode peuvent prendre pour s'aligner sur ces réglementations et favoriser un avenir durable. 

Introduction sur le CSRD 

Définition et objectifs : 

Les Directive concernant les rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD) est un règlement historique introduit par l'Union européenne pour améliorer et normaliser les rapports sur le développement durable dans tous les secteurs d'activité. Son principal objectif est d'accroître la transparence et la responsabilité des pratiques des entreprises en matière de développement durable, en veillant à ce qu'elles fournissent des données complètes et comparables sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Cette directive vise à combler les lacunes de son prédécesseur, la directive sur les rapports non financiers (NFRD), en élargissant le champ d'application des rapports et en améliorant la qualité des informations divulguées. 

L'un des principaux objectifs du CSRD est de créer des conditions de concurrence équitables pour toutes les entreprises opérant au sein de l'UE en imposant la publication d'informations détaillées sur le développement durable. Ces informations portent notamment sur la biodiversité, les effets du changement climatique et les émissions de type 3, qui couvrent les émissions indirectes provenant de la chaîne de valeur d'une entreprise. Cette approche globale garantit que les parties prenantes, y compris les investisseurs et les consommateurs, ont accès à des informations fiables et pertinentes pour prendre des décisions éclairées. 

Champ d'application et exigences : 

Les CSRD affecte un large éventail d'entreprises, augmentant de manière significative le nombre d'organisations tenues de faire rapport par rapport au NFRD. Elle s'applique à toutes les grandes entreprises et à toutes les entreprises cotées sur les marchés réglementés, à l'exception des micro-entreprises. Cela signifie qu'environ 50 000 entreprises seront désormais soumises à ces exigences strictes en matière de déclaration, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 11 700 entreprises couvertes par le NFRD. 

En 2024, le CSRD a introduit plusieurs changements clés pour améliorer les pratiques de reporting. Notamment, elle exige désormais que les entreprises réalisent une double évaluation de la matérialité, qui évalue à la fois l'impact des questions de durabilité sur l'entreprise et l'impact de l'entreprise sur la société et l'environnement. En outre, la directive impose l'utilisation des normes européennes d'information sur le développement durable (ESRS), qui fournissent des lignes directrices détaillées pour la préparation des rapports sur le développement durable. 

Calendrier de mise en œuvre : 

Le calendrier de mise en œuvre du CSRD est échelonné, les premiers rapports devant être remis en 2025 pour l'exercice 2024. Cette approche progressive donne aux entreprises le temps de s'adapter aux nouvelles exigences et garantit une transition en douceur vers des rapports complets sur le développement durable. 

La situation actuelle de l'industrie de la mode en matière de développement durable 

L'industrie de la mode connaît une croissance phénoménale, la consommation ayant presque doublé au cours des 15 dernières années, principalement sous l'impulsion des marchés émergents. Cette croissance a permis aux grandes marques de réaliser d'importants bénéfices, mais elle a également renforcé la vigilance des parties prenantes qui exigent des pratiques plus durables. Malgré l'essor du marché, l'industrie est confrontée à une pression de plus en plus forte pour qu'elle prenne en compte ses impacts environnementaux et sociaux de manière globale. 

Cependant, de nombreuses entreprises du secteur de la mode sont confrontées à la complexité des rapports sur le développement durable. Selon le rapport 2023 de l'Agenda mondial de la mode, le secteur n'est pas en mesure d'atteindre les objectifs mondiaux en matière de développement durable. Cette lacune est évidente dans la santé financière mitigée des entreprises de mode ; alors que certaines récoltent des bénéfices sans précédent, une grande partie d'entre elles est confrontée à des difficultés financières, un nombre croissant d'entre elles déposant le bilan. Ces difficultés financières font qu'il est difficile pour les entreprises d'investir dans des pratiques durables, ce qui ne fait qu'entraver les progrès. 

Le Global Fashion Summit a souligné que le rythme des améliorations en matière de développement durable est trop lent, tant au niveau collectif du secteur qu'au sein des entreprises individuelles. L'un des principaux défis à relever est la nécessité d'établir des rapports détaillés et transparents sur les indicateurs de durabilité. Une enquête menée par Business of Fashion et McKinsey en 2022 a révélé que seuls 45% des dirigeants du secteur de la mode estiment que leurs entreprises sont prêtes à établir des rapports détaillés sur les indicateurs de développement durable. Ce manque de préparation est exacerbé par la nécessité de suivre et de divulguer des données complexes, telles que les émissions du champ d'application 3 et les impacts sur la biodiversité, qui requièrent des systèmes et des processus robustes. 

En outre, le secteur est confronté à d'importants défis en matière de développement durable, tels que l'utilisation intensive des ressources, la gestion des déchets et les pratiques de travail. La dépendance à l'égard des matériaux vierges et la capacité limitée de recyclage contribuent à une empreinte environnementale considérable. A titre d'exemple, la Fondation Ellen MacArthur indique que moins de 1% de vêtements sont recyclés en nouveaux vêtementsLe rapport d'évaluation de l'UE met en évidence un domaine critique pour l'amélioration de la situation. 

Le décalage entre les exigences des consommateurs en matière de durabilité et la capacité de l'industrie à répondre à ces attentes crée un environnement difficile. Alors que les consommateurs accordent de plus en plus d'importance aux produits durables, les marques de fast fashion qui offrent des options à bas prix et à grand volume continuent de dominer le marché. Ce paradoxe accroît la pression sur les entreprises pour qu'elles trouvent des solutions viables qui concilient performance financière et pratiques durables. 

Dans l'ensemble, la situation actuelle de l'industrie de la mode en matière de développement durable est marquée par une demande croissante de solutions et par des défis importants en termes de transparence et de progrès significatifs. Il s'agit donc de comprendre comment des cadres réglementaires tels que le CSRD peuvent avoir un impact sur le secteur et potentiellement le faire évoluer. 

L'impact du CSRD sur l'industrie de la mode 

Pression réglementaire et conformité 

L'introduction de la directive CSRD a considérablement augmenté les enjeux pour l'industrie de la mode en imposant des exigences strictes en matière de rapports sur le développement durable. Cette directive exige des informations détaillées sur divers facteurs ESG, notamment les effets du changement climatique, la biodiversité et les émissions de type 3, qui englobent les émissions indirectes provenant de la chaîne de valeur d'une entreprise. Pour de nombreuses entreprises du secteur de la mode, en particulier les entreprises de taille moyenne, la difficulté réside dans la collecte et la communication de ces données de manière exhaustive. 

Thomas Tochtermann, président de l'Agenda mondial de la mode, souligne que les grandes entreprises sont généralement mieux préparées, les entreprises de taille moyenne ont souvent du mal à comprendre toutes les implications du CSRD. L'établissement de rapports détaillés sur l'impact de l'ensemble de la chaîne de valeur, la biodiversité et les données primaires sur les émissions du champ d'application 3 constituent un obstacle de taille. Toutefois, ces défis offrent également aux entreprises la possibilité d'innover et d'améliorer leurs pratiques en matière de développement durable. 

Possibilités d'amélioration 

Malgré les difficultés de mise en conformité, le CSRD offre aux entreprises de mode une occasion précieuse de repenser et d'améliorer leurs stratégies de développement durable. En s'alignant sur la CSRD, les entreprises peuvent non seulement répondre aux exigences réglementaires, mais aussi mieux comprendre leurs activités et identifier les domaines à améliorer. M. Tochtermann fait remarquer que considérer la CSRD comme un simple exercice de conformité est une occasion manquée. Au contraire, les entreprises devraient considérer la directive comme un catalyseur de changement et l'utiliser pour lancer des initiatives de développement durable susceptibles de produire des avantages à long terme. 

L'un des éléments clés du CSRD est la double évaluation de la matérialité, qui exige des entreprises qu'elles évaluent à la fois l'impact des questions de développement durable sur l'entreprise et l'impact de l'entreprise sur la société et l'environnement. Cette approche holistique aide les entreprises à hiérarchiser leurs efforts en matière de développement durable et à allouer les ressources de manière plus efficace. En outre, la directive impose l'utilisation des normes européennes d'information sur le développement durable (ESRS), qui fournissent un cadre clair aux entreprises, ce qui peut rationaliser le processus d'information et améliorer la qualité des informations communiquées. 

Étude de cas  

Plusieurs grandes entreprises de mode ont déjà pris des mesures proactives pour se conformer à la directive sur le développement durable et en tirer parti pour une croissance durable. Un exemple notable est celui de H&M, qui a mis en œuvre des stratégies globales de développement durable pour relever les défis posés par la nouvelle directive. H&M a investi dans des projets d'énergie renouvelable, tels que le projet de parc éolien offshore au Bangladesh, développé en collaboration avec Copenhagen Infrastructure Partners (CIP) et d'autres marques de mode. Cette initiative contribue non seulement à réduire l'empreinte carbone de l'entreprise, mais crée également un précédent de collaboration à l'échelle du secteur en matière de développement durable. 

H&M a également procédé à des évaluations approfondies de la double matérialité afin d'identifier les principaux domaines d'impact et de donner la priorité à ses initiatives en matière de développement durable. En se concentrant sur la mesure de l'empreinte CO2 dans les trois domaines, l'entreprise a pu suivre ses progrès et mettre en œuvre des stratégies efficaces pour réduire les émissions. En outre, H&M a mis en place un comité de développement durable au sein de son conseil d'administration et un groupe de travail dans toutes les fonctions afin de s'assurer que le développement durable reste au cœur de ses activités. 

Actions pratiques pour un avenir meilleur 

Double évaluation de l'importance relative 

Double évaluation de l'importance relative est la première étape de la sensibilisation et de la définition des priorités. En procédant à cette évaluation, les entreprises peuvent comprendre à la fois l'impact des questions de durabilité sur leurs activités et leur propre impact sur la société et l'environnement. Cela leur permet de hiérarchiser efficacement leurs efforts en matière de développement durable. 

Mesurer et réduire l'empreinte CO2 

Mesurer et réduire l'empreinte CO2 est essentielle pour que les entreprises de mode deviennent plus durables. Les entreprises doivent comprendre leur empreinte CO2 dans les trois domaines : les émissions directes, les émissions indirectes provenant de la consommation d'énergie et les émissions de la chaîne de valeur. Une fois identifiées, elles peuvent mettre en œuvre des stratégies visant à réduire ces émissions, comme l'optimisation de l'utilisation de l'énergie, le passage à des sources d'énergie renouvelables et l'amélioration de l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement. 

Conception du produit 

Conception du produit devraient adopter les principes de l'économie circulaire afin de réduire au minimum les déchets et la consommation de ressources. Cela implique de concevoir des produits qui peuvent être réutilisés, recyclés ou biodégradés. En intégrant la conception circulaire dans leurs processus, les entreprises peuvent réduire considérablement leur impact sur l'environnement et créer des produits plus durables. 

Diversité et égalité 

Diversité et égalité sont des aspects cruciaux de la durabilité. Les entreprises doivent évaluer et améliorer la diversité et l'égalité au sein de leurs activités. Elles peuvent y parvenir en mettant en œuvre des politiques et des pratiques qui favorisent un lieu de travail inclusif, en garantissant l'égalité des chances et en remédiant à toute disparité de traitement ou de rémunération. 

Gestion durable 

Gestion durable implique la mise en place de comités et de groupes de travail sur le développement durable au sein de l'organisation. Ces groupes sont chargés de piloter les initiatives en matière de développement durable, de fixer des objectifs stratégiques et de suivre les progrès accomplis. En disposant d'équipes dédiées au développement durable, les entreprises peuvent s'assurer qu'il reste une priorité essentielle. 

Gestion des investissements et de la chaîne d'approvisionnement 

Investissement dans la chaîne d'approvisionnement est essentielle pour réduire les émissions de CO2 et renforcer la durabilité. Les entreprises doivent investir dans les sources d'énergie renouvelables et les technologies de recyclage afin de minimiser leur empreinte environnementale. Il s'agit de projets tels que les installations d'énergie renouvelable, l'approvisionnement en matériaux durables et l'amélioration des processus de production. 

Investissements collectifs sont également essentielles pour atteindre les objectifs de durabilité à grande échelle. Les entreprises de mode devraient collaborer pour investir dans des projets d'énergie renouvelable, tels que le projet de parc éolien offshore au Bangladesh. Ces efforts collectifs peuvent réduire de manière significative l'empreinte carbone de l'industrie et promouvoir des pratiques durables. 

Conclusion 

La directive de l'UE sur les rapports de durabilité des entreprises (CSRD) joue un rôle essentiel dans l'orientation de l'industrie de la mode vers la durabilité grâce à ses exigences rigoureuses en matière de rapports. Malgré les défis qu'elle présente, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, la directive offre aux entreprises une occasion inestimable de réévaluer et d'améliorer leurs pratiques en matière de développement durable. Il s'agit notamment de réduire les empreintes de CO2, d'adopter des principes de conception circulaire, de mettre en œuvre des pratiques de gestion durable et d'investir dans les énergies renouvelables. En adoptant ces changements, l'industrie de la mode peut être remodelée et promouvoir un développement durable à long terme et un avenir plus responsable. 

Sources : 

[1] https://www.mckinsey.com/industries/retail/our-insights/survey-consumer-sentiment-on-sustainability-in-fashion 

[2] https://wp.senecaesg.com/insights/aligning-with-csrd-a-step-by-step-approach/ 

[3] https://www2.deloitte.com/dk/da/pages/brancheanalyser/modeanalysen/csrd-and-the-fashion-industry-compliance-exercise-or-business-opportunity.html 

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