Forfait omnibus EU : choses à savoir

Forfait omnibus EU : choses à savoir

PAR  
AnhNguyen  
- 1 avril 2025

Le 26 février, la Commission européenne a présenté le paquet « Omnibus », un ensemble de révisions proposées qui pourraient apporter des mises à jour majeures des principales réglementations européennes sur la déclaration de durabilité, la diligence raisonnable des entreprises et le commerce. Si ces changements sont adoptés, pourraient remodeler les obligations de conformité et les pratiques commerciales dans plusieurs secteurs. Bien que les propositions en soient encore à un stade précoce, les entreprises opérant au sein de l’UE devraient commencer à se préparer aux changements réglementaires potentiels à venir.

Qu’est-ce que l’Omnibus de l’UE ?

Le Paquet Omnibus de l’UE est un ensemble de modifications réglementaires proposées par la Commission européenne visant à affiner et ajuster les principaux cadres législatifs régissant la déclaration de durabilité, la diligence raisonnable des entreprises et le commerce. Plutôt que d’introduire des lois entièrement nouvelles, ce paquet consolide et modifie les règles existantes afin d’améliorer la clarté, de rationaliser les processus de conformité et de relever les défis pratiques auxquels sont confrontées les entreprises. En revenant sur certaines exigences, l’UE vise à garantir que les réglementations restent efficaces, proportionnées et alignées avec l’évolution du paysage économique et géopolitique.

Pourquoi le forfait omnibus de l’UE est important

Le paysage réglementaire de l’UE évolue rapidement, et les entreprises peinent à suivre le rythme des exigences croissantes en matière de conformité. Le paquet Omnibus répond aux préoccupations croissantes concernant la complexité et le fardeau administratif de la durabilité existante, de la diligence raisonnable et des réglementations commerciales. Au lieu de simplement renforcer les règles, les amendements proposés visent à trouver un équilibre — garantir la responsabilité des entreprises tout en leur donnant plus de temps et de clarté pour s’adapter.

Plusieurs facteurs ont conduit à la nécessité de ces changements :

  • Fatigue réglementaire – De nombreuses entreprises, en particulier les PME, ont eu du mal à respecter de nouvelles obligations de reporting dans le cadre de cadres comme le Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Le paquet Omnibus vise à alléger ce fardeau sans compromettre la transparence.

  • Pressions du marché mondial – Les perturbations commerciales, les tensions géopolitiques et l’évolution des dépendances dans la chaîne d’approvisionnement ont rendu la conformité plus difficile. L’UE adapte son approche pour garantir que les entreprises restent compétitives tout en atteignant leurs objectifs de durabilité.

  • Réalités économiques – La hausse des coûts en énergie, matériaux et exploitation oblige les entreprises à allouer les ressources efficacement. Des ajustements réglementaires pourraient offrir une marge de répit aux entreprises pour intégrer la durabilité sans submerger leurs budgets.

En introduisant ces révisions, l’UE vise à affiner — et non à remplacer — ses directives existantes. Le package Omnibus est conçu pour améliorer l’efficacité, simplifier la conformité et offrir aux entreprises une voie plus réaliste pour répondre aux attentes réglementaires.

Changements clés proposés dans le paquet omnibus de l’UE

Le paquet Omnibus introduit des ajustements ciblés à travers quatre grands cadres réglementaires. Ces changements visent à réduire la complexité administrative, à offrir de la flexibilité aux entreprises et à garantir une approche plus pragmatique de la conformité. Voici les principales révisions proposées :

1. Améliorations de la directive sur la déclaration de durabilité des entreprises (CSRD)

La directive sur la durabilité des sociétés (CSRD) s’applique désormais uniquement aux grandes entreprises ayant over 1 000 employees et soit 50 millions d’euros en revenue_ soit un bilan de 25 millions d’euros total_. Les entreprises n’ont plus besoin de collecter des données auprès d’entités non liées au CSRD, ce qui réduit la complexité des reportings.

Les délais de déclaration ont été prolongés de deux ans pour les entreprises qui n’ont pas encore commencé leur mise en œuvre, y compris les PME cotées. L’exigence d’assurance raisonnable a été supprimée, ne laissant que des assurances limitées. De plus, des révisions du European Sustainability Reporting Standards (ESRS) réduiront les divulgations obligatoires.

Les exigences de reporting sectorielles ont été supprimées, car la Commission européenne ne peut plus les introduire. Les entreprises de moins de 1 000 employés sont désormais exemptées mais peuvent déclarer volontairement en utilisant une nouvelle norme conçue pour les PME et les très petites entreprises (VSME).

2. Ajustements de la Directive sur la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises (CSDDD)

Pour répondre aux préoccupations concernant la faisabilité et la charge administrative, le paquet Omnibus introduit plusieurs modifications aux règles corporate due diligence. Plus de temps est accordé à la conformité, la date limite pour les pays de l’UE pour mettre en œuvre la directive étant prolongée jusqu’en juillet 2027 et les exigences de diligence raisonnable pour les grandes entreprises débutant en juillet 2028. Le champ d’application de la supervision de la chaîne d’approvisionnement est également plus ciblé, limitant les obligations de diligence raisonnable aux cas où des preuves concrètes de violations potentielles existent. De plus, la fréquence des rapports a été réduite, nécessitant des évaluations tous les cinq ans au lieu d’une année unique.

Le paquet limite également les demandes de données pour les PME, empêchant les grandes entreprises d’imposer des demandes excessives de données de durabilité à moins qu’elles ne respectent les normes volontaires de reporting CSRD. Des modifications des règles de responsabilité ont également été apportées, abandonnant le plan initial de responsabilité civile à l’échelle de l’UE et permettant à chaque pays de l’UE de définir son propre cadre juridique en matière de responsabilité des sociétés. Parallèlement, des plans obligatoires de transition climatique restent en place, garantissant que les entreprises alignent leurs stratégies sur les normes de reporting CSRD malgré d’autres exigences assouplies.

D’autres ajustements visent à garantir une application cohérente dans l’ensemble de l’UE, avec des efforts d’harmonisation supplémentaires visant à appliquer uniformément les règles de diligence raisonnable entre les États membres. Notamment, le secteur financier a été exempté des obligations de due diligence, car l’UE a supprimé les considérations antérieures d’étendre ces exigences aux institutions financières.

3. Simplifications dans le Règlement sur la taxonomie de l’UE

Le paquet omnibus introduit des mises à jour clés du cadre EU Taxonomy pour améliorer les divulgations sur la durabilité :

  • Exemption PME & Reporting optionnel – Les PME sont exemptées de la déclaration taxonomique de l’UE, tandis que les grandes entreprises peuvent se retirer mais peuvent divulguer volontairement.

  • Reconnaissance pour les entreprises en transition – Les entreprises qui ont commencé à adopter des pratiques durables peuvent volontairement déclarer leurs progrès, même si elles ne répondent pas entièrement aux critères de la taxonomie.

  • Rapports simplifiés et standardisés – La Commission européenne introduira des modèles de reporting plus clairs et uniformes et réduira près de 70 % les points de données nécessaires pour réduire les charges de conformité.

  • Reporting financier flexible pour les banques – Les banques auront plus de flexibilité pour appliquer le Green Asset Ratio (GAR), en particulier lorsqu’elles traitent avec des entreprises hors champ de la CSRD.

4. Ajustements du mécanisme d’ajustement des bordures carbonées (CBAM)

À mesure que l’UE affine ses politiques de tarification et de commerce du carbone, le Paquet Omnibus propose des ajustements au CBAM afin d’améliorer la praticité de la conformité. Un changement clé est l’exemption pour les petits importateurs, permettant aux entreprises important less de 50 tonnes de biens couverts par le CBAM par an d’être exemptes d’obligations de déclaration, allégeant ainsi la charge des PME.

De plus, l’UE simplifie la conformité en simplifiant les calculs des émissions, la déclaration et la responsabilité financière, réduisant ainsi la complexité administrative pour les importateurs. Pour renforcer l’application des lois, les mesures anti-abus seront renforcées afin d’empêcher les entreprises de contourner les obligations CBAM, les autorités nationales jouant un rôle plus important dans la surveillance.

Qu’est-ce qui reste inchangé ?

Bien que le paquet omnibus de l’UE introduise des révisions significatives des réglementations sur la durabilité des entreprises, plusieurs principes fondamentaux restent intacts. Comprendre ces aspects inchangés est crucial pour les entreprises lorsqu’elles naviguent dans les exigences de conformité. De nombreux pays ont déjà transposé la CSRD en droit national, et ces règlements continueront d’être appliqués, indépendamment des discussions en cours.

Voici deux éléments clés qui restent inchangés :

1. Double matérialité : un principe fondamental du reporting sur la durabilité

Le concept de double materiality reste une pierre angulaire du CSRD. Les entreprises doivent continuer à évaluer les questions de durabilité sous deux angles :

  • Matérialité financière – Comment les risques et opportunités de durabilité impactent la performance financière d’une entreprise.

  • Matérialité d’impact – Comment les activités d’une entreprise influencent l’environnement, la société et les parties prenantes.

Cela garantit que les entreprises ne se contentent pas de rendre compte des risques pour leurs résultats financiers, mais aussi de leurs responsabilités plus larges dans la promotion d’un changement durable. Les entreprises doivent maintenir des cadres solides pour évaluer et divulguer de manière exhaustive les risques et impacts matériels en matière de durabilité.

2. L’engagement des parties prenantes reste essentiel

Malgré les ajustements réglementaires, le CSRD maintient un fort accent sur l’engagement des parties prenantes comme élément essentiel du reporting sur la durabilité. Les entreprises doivent continuer à intégrer les contributions de diverses parties prenantes — y compris investisseurs, employés, fournisseurs et régulateurs — lors de l’élaboration de leurs stratégies et divulgations de durabilité.

L’engagement avec les parties prenantes est essentiel pour :

  • Identifier les principaux risques et opportunités de durabilité pertinents pour les opérations commerciales.

  • S’assurer que les rapports de durabilité sont en accord avec les attentes du marché et les exigences réglementaires.

  • Renforcer la transparence et la confiance dans les initiatives de durabilité des entreprises.

À mesure que les réglementations finales du CSRD prennent forme à travers différentes législations nationales, les entreprises doivent rester proactives dans la mise en place de processus structurés d’engagement et le maintien d’une communication claire avec les parties prenantes. Cela soutiendra non seulement la conformité, mais renforcera aussi la résilience commerciale à long terme dans un paysage réglementaire en évolution.

Implications pour les entreprises

Les changements proposés dans le paquet omnibus de l’UE introduisent à la fois des défis et des opportunités pour les entreprises. Bien que certaines exigences aient été assouplies — comme des seuils de reporting plus élevés et des délais reportés — les entreprises doivent toujours garantir le respect des principes fondamentaux de la déclaration de durabilité. Ces ajustements offrent aux entreprises plus de temps et de flexibilité, mais ils exigent également une planification stratégique en accord avec l’évolution des attentes réglementaires.

Préparation à la conformité : Rester en avance sur les changements réglementaires

Même avec des délais de déclaration reportés et des obligations de collecte de données réduites, les entreprises ne devraient pas retarder leurs efforts de conformité. Les entreprises qui ont déjà commencé à mettre en œuvre la CSRD doivent continuer à améliorer leurs systèmes internes de reporting, tandis que celles nouvellement exemptées de la déclaration peuvent toujours bénéficier de divulgations volontaires de durabilité afin de maintenir la confiance des investisseurs et la crédibilité sur le marché.

Les actions clés que les entreprises devraient entreprendre :

  • Examiner les cadres de reporting existants et les aligner sur les mises à jour révisées de la CSRD et des taxonomies européennes.

  • Rationaliser les processus de collecte de données pour garantir des rapports de durabilité précis sans charges administratives excessives.

  • Surveiller les mises en œuvre au niveau national de la CSRD et de la CSDDD, car la transposition dans les lois locales peut introduire des nuances spécifiques à chaque pays.

Ajustements stratégiques : repenser les approches de durabilité

Avec moins de points de données obligatoires et une transition vers une simplification des rapports de durabilité, les entreprises ont l’opportunité de se recentrer sur des facteurs ESG importants qui correspondent à leurs stratégies à long terme. La suppression des normes de reporting sectorielles et l’option de déclaration volontaire pour les petites entreprises permettent désormais aux entreprises d’être plus sélectives dans les données qu’elles divulguent.

Comment les entreprises devraient réagir :

  • Prioriser les sujets de durabilité à fort impact qui correspondent aux objectifs de l’entreprise plutôt que de faire des rapports dans le but de la conformité.

  • Exploiter les rapports volontaires sur la durabilité pour mettre en valeur la performance ESG et maintenir la transparence avec les investisseurs et les parties prenantes.

  • Utilisez ce temps supplémentaire pour élaborer de meilleures stratégies de durabilité, garantissant ainsi la conformité lors de futures mises à jour réglementaires.

Gestion des risques et identification des opportunités

Bien que le paquet Omnibus réduise certaines obligations, les entreprises doivent rester vigilantes face aux futurs changements réglementaires. L’UE continue d’affiner son cadre de durabilité, ce qui signifie que des mises à jour supplémentaires et une application plus stricte pourraient suivre. Les entreprises qui intègrent de manière proactive les principes ESG dans leurs activités principales obtiennent un avantage concurrentiel.

Considérations pour les entreprises :

  • Gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement : Malgré la portée réduite de la due diligence, les entreprises doivent toujours surveiller leurs fournisseurs directs pour détecter les risques de durabilité.

  • Impact financier et réputationnel : Les investisseurs et consommateurs continuent d’exiger des engagements ESG solides, donc réduire les efforts de durabilité pourrait nuire à la réputation de la marque et aux perspectives d’investissement.

  • Tirer parti de la durabilité comme moteur commercial : Les entreprises qui continuent de prioriser la durabilité seront mieux placées pour les futurs changements réglementaires, les attentes du marché et les préférences des investisseurs.

Dernières Réflexions

Le paquet omnibus de l’UE allège certains fardeaux de conformité mais ne signifie pas un recul par rapport aux objectifs plus larges de durabilité de l’UE. Les entreprises devraient profiter de cette période pour renforcer les stratégies ESG, affiner les processus de reporting et intégrer la durabilité dans la planification à long terme plutôt que de retarder l’action.

L’incertitude réglementaire persiste, et de futures révisions pourraient réintroduire des exigences plus strictes. Les entreprises qui s’alignent proactivement sur les principes ESG, améliorent la gestion des données et prennent une longueur d’avance sur les implémentations nationales obtiennent un avantage concurrentiel.

Plutôt que de considérer ces changements comme de simples ajustements de conformité, les entreprises devraient tirer parti de la durabilité comme un avantage stratégique, garantissant ainsi la résilience dans un environnement réglementaire en évolution.

Références :

https://commission.europa.eu/publications/omnibus-i_en

https://taxation-customs.ec.europa.eu/carbon-border-adjustment-mechanism_en

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